Le lendemain, nous sommes partis vers Ao Nang Beach et avons pris un autobus public pour se rendre à Krabi Town. Ce n'est pas que nous voulions quitter la plage, mais nous devions se rendre à la frontière de la Malaysie (10 heures aller-retour) pour prolonger notre visa en Thaïlande. Nous n'avions pas prévu rester aussi longtemps dans ce pays et si nous nous faisons prendre avec un visa expiré, nous devons non seulement payer 500 Baths par jour, mais nous sommes emprisonnés, bannis et déportés dans notre pays. Malgré le long trajet d'autobus, le processus est simple : tu quittes la Thaïlande à pieds, tu entres en Malaisie pour y ressortir aussitôt et tu reviens en Thaïlande. Tu as alors une extension de ton visa pour 14 jours. Ce ne fut pas trop long à la frontière, mais la chaleur nous donnait l'impression d'être dans le désert. Il faisait si chaud et l'autobus qui devait être climatisé, ne l'était pas vraiment... On collait sur nos bancs et ce, pendant 10 heures de trajet!... :-(
Étant donné que notre guesthouse à Krabi Town n'était vraiment pas cher (10$ la nuit pour deux personnes), nous sommes restés quelques jours de plus et avons décidé de louer un scooter pour se rendre à la plage située à environ 30 minutes de la ville. La plage d'Ao Nang qui est bordée d'une rue commerciale où l'on y retrouve Burger King et Haagen-Dazs, n'était pas très belle... nous étions habitués aux plages d'eau turquoise à sable fin tandis que celle-ci était de couleur brunâtre avec un sable très grossier.
J'avais vu sur une carte postale une plage incroyable où à une c

ertaine heure de la journée (en fonction de la marée), un passage sinueux de sable blanc se dessine entre deux magnifiques îles, Koh Mor et Koh Khwan. Nous devions regrouper au moins 8 personnes pour y aller, car sinon le coût du taxi boat pour se rendre à cet endroit qui est très proche de la côte où nous étions s'élevait à 100$. Si nous étions plus, nous n'avions qu'à diviser le prix. Après avoir trouvé trois autres couples, nous avons navigué jusqu'à ces superbes îles. Nous étions partis tôt le matin pour apercevoir le phénomène tout au long de la

journée. Vers 9h30, il n'y avait presque personne. Même s'il y avait beaucoup d'eau, nous pouvions marcher entre les deux îles (Nick avait de l'eau jusqu'aux épaules et moi, je flottais sur un matelas gonflable à ces côtés). Vers 11h, le corridor de sable commençait à se former aux extrémités et vers midi, nous pouvions complètement traverser sans se mouiller les pieds. À cette heure, il y avait une tonne de touristes Thaïlandais (vu que nous étions le week-end) et il n'y avait plus beaucoup d'eau pour se baigner.

J'ai trouvé un endroit sur un côté d'une des deux îles où nous pouvions nager. Il faisait tellement chaud, nous devions absolument se rafraîchir un peu! Nick et moi nagions sur le matelas gonflable quand tout à coup Nick a glissé, il est tombé dans l'eau et il a frappé une plante aquatique super piquante (sorte de cactus marin) avec la paume de sa main. J'ai tout de suite vu dans ses yeux que ça lui faisait vraiment mal. Il y avait plusieurs piques enfoncés dans sa main et ses doigts qui saignaient. Il croyait que les piques étaient venimeux puisque sa main était complètement engourdie. Nous nous sommes mis à courir tout le long du corridor pour se rendre à l'autre île où se trouvait un restaurant. Le cuisinier Thaïlandais nous a annoncé, à notre grand soulagement, qu'il n'y a

vait rien de dangereux, mais qu'il était impossible d'enlever les morceaux de sa main. Il a pris une lime et il l'a versée sur ses plaies. Il a ensuite pris un grand couteau de cuisine par la lame et a commencé à frapper avec le manche sur les piques qui étaient entrés dans sa main. Nick n'aimait pas ça du tout et il n'arrêtait pas de me répéter: "Je suis vraiment content que ça soit arrivé à moi et non à toi, tu aurais paniqué!". La raison pour laquelle le cuisiner a fait cette manœuvre est simple : il est impossible d'enlever les piques parce qu'ils se fractionnent en petits morceaux et lorsqu'ils ressortent de la peau, on les accroche souvent et une douleur intolérable se fait ressentir. En restant dans la peau pendant deux jours, le corps les rejette naturellement. Je voulais tout de même que Nick aille à la clinique puisque sa main était enflée, mais il a préféré attendre quelques jours comme un vrai gars!
Deux soirées auparavant, nous avions rencontré deux Thaïlandais qui travaillent près de notre guesthouse (une jeune fille qui ne parle pas un mot anglais et un garçon, Thom, qui parle très bien anglais). Thom est un gars ultra-gay de 30 ans super efféminé qui rêve d'avoir de l'argent pour se faire toutes les chirurgies qui le rendraient une femme. Il se maquille, porte des vêtements roses, il s'épile les sourcils, les aisselles et les jambes avec une pince à épiler! Comme nous vous avions parlé dans un de nos premiers messages sur la Thaïlande, ce phénomène est super fréquent ici. On rencontre constamment des femmes qui sont en réalité des hommes (la voix nous sert souvent de guide) et ces personnes travaillent dans des centres d'informations touristiques, dans des banques, restaurants et hôtels... elles sont totalement acceptées par la culture Thaïlandaise.
Après avoir passé nos journées à la plage sous le soleil, nous revenions à Krabi Town pour y passer la soirée et la nuit. Au début, nous avions pris cette décision pour économiser de l'argent, mais finalement nous étions bien contents, car la ville située sur le bord de la plage est touristique et très commerciale, tandis qu'à Krabi Town, on se sent vraiment en T

haïlande. Il n'y a pas beaucoup de touristes et on peut voir la vraie vie des Thaïlandais au quotidien. Les soirées précédentes, nous étions allés avec notre nouvel ami Thom se promener dans le Night Market, nous avons essayé des nouveaux trucs locaux (du riz au banane enroulé dans une feuille de bananier) et nous sommes allés manger dans un restaurant sur le bord de la rue. Nick a mangé des boulettes de boeuf assez louches. Je doute que ce soit du boeuf puisque la viande était plus blanche que du poulet et la texture plus "caoutchouteuse" que des calmars...
Thom nous a appris plein de choses sur la culture Thaïlandaise et il veillait bien sur nous. Il m'a appris à danser sur de la musique Thaïlandaise, ce qui était vraim

ent drôle parce qu'il dansait comme une fille. On s'entendait si bien avec lui qu'il nous a invité à venir souper chez lui le lendemain soir. Il allait nous faire un repas typiquement Thaïlandais. Il nous avait invité non seulement à manger, mais aussi pour le voir à l'oeuvre. Nous sommes donc allés le rejoindre chez lui. Il habite dans une boutique de massage. En fait, dans son logement, on retrouve trois chaises longues où les gens peuvent venir se faire masser. À côté de ces chaises, se trouvent sa cuisine qui consiste en un plancher, un mini-frigo, un wok, une machine pour faire du riz et une mijoteuse. N'ayant pas de comptoir, le tout se retrouve sur le plancher. Il coupe tous les aliments sur une petite planche en plastique à même le sol. Un vrai régal pour les fourmis! La poitrine de poule

t dépassait de la planche, il y avait donc une bonne partie qui lavait le plancher! Mais bon, ce n'était pas si sale que ça, c'était juste un peu choquant de voir un aussi bon repas se préparer au sol.Puisqu'il n'y avait qu'une mijoteuse, il ne pouvait faire qu'un plat à la fois. Il a donc commencé par une soupe au poulet et légumes qui a eu le temps de refroidir complètement avant que tous les autres plats soient prêts. Il a aussi concocté un poulet aux légumes avec une sauce sweet and sour, un plat épicé avec des calmars et une assiette de crabe au curcuma qui était délicieuse. Celle-ci, volant la vedette, s'est terminée en deux minutes!!
Pendant qu'il faisait à manger, il travaillait à l'information touristique située juste à côté de sa boutique de massage/maison. Parfois, il était tellement occupé que j'allais répondre aux clients pour lui. Ceux-ci étaient un peu déboussolés de voir une personne blanche répondre à leurs questions sur les tours guidés et sur les transports. Je ne savais pas toujours quoi leur répondre... Alors, Thom, entre deux plats, accourait pour venir leur dire de revenir plus tard! Hihi!
Comme nous devions payer les ingrédients, pour le prix d'un restaurant

bon marché, nous avons mangé du crabe, des calmars et du poulet. Tout était excellent! Il y avait tellement de nourriture que nous avons invité un ami Suisse qui passait par là. La porte de la boutique de massage/sa maison était ouverte pendant que nous mangions. Tout le monde sur la rue nous apercevait. C'était marrant de voir des touristes nous regarder et ne rien y comprendre : trois blancs assis dans une boutique de massage/maison en train de déguster un festin de crabe chez un Thaïlandais qui cuisine sur le sol!
C'était une très belle soirée qui s'est un peu mal terminée par contre... Le jeune Suisse que nous avions rencontré à notre arrivée à Krabi Town, une fois un peu réchauffé, s'est mis à se moquer de l'homosexualité et des manières de Thom. Thom est super gentil et très fragile. Il ne répliquait pas et se laissait insulter. Après plus de deux heures d'insultes, Nick n'appréciait plus du tout la situation, surtout après qu'il est profité gratuitement d'un bon repas. Nick a donc décidé de réagir fortement... Il a engueulé le Suisse jusqu'à temps qu'il décide de s'en aller. c'était vraiment inacceptable de voir quelqu'un qui n'est pas dans son pays insulter la culture du pays qu'il visite.
Le lendemain matin, nous quittions le côté Ouest de la Thaïlande pour se diriger vers le côté Est. Thom est venu nous réveiller parce que nous allions manquer notre autobus. Il nous a fait un gros câlin et nous a remercié de l'avoir défendu la veille. Il est si mignon!
Une chose que l'on peut dire de cette aventure

: Nick n'est définitivement plus homophobe!!!